17.4.18

La question à coeur



« Qu'a-t-il de plus à désirer ? »
Elle avait lu cette question sur la corolle d'une lampe de chevet, et par moment et par vigueur franche, elle regardait l'intérieur où l'abord qui n'attendait pas de réponse reflétait un sourire en calice .


9.4.18

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16.2.18

Aruba



L'amour ne dit pas la large terre sous les rives opposées, mais de son corps muet en déplacement, il trouve le sens profond  —  un chevauchement des mots irrésistibles dans la distance de l'union. 



1.2.18

L'Un

Bien des cœurs se perdent dans le général, mais le plus noble se consacre à l'Un.
Johann Wolfgang von Goethe

15.1.18

Solitude

Perdue au cœur du Champ originel, tu es seule, tu es née seule, tu resteras seule ; un peu moins seule quand je me tiens auprès de toi. Moi, seul, né seul, je suis là seul, debout à côté de toi ; alors un peu moins seul, mais perdu comme toi sur l'arpent originel oublié quelque part dans l'Univers.

2.12.17

L'appel

Il arrivera un soir que, porté par le vent froid et violent, le hululement de la chouette lointaine appelle ton nom. Appel rauque et lugubre émis pour que tu rejoignes la belle oiselle au plus profond de la nuit. Quand tu seras auprès d'elle, une fois le vent tombé, elle te demandera de suivre son vol, de ne pas quitter du regard la blancheur immaculée de ses ailes. Elle prendra son envol et te conduira au creux de l'obscurité humide, brumeuse et odorante de l'immense forêt. Tu marcheras longtemps derrière elle jusqu'à ce qu'elle finisse par te perdre. Alors, elle hululera une dernière fois et t’abandonnera ainsi au cœur des ténèbres. Tu ne trembleras pas, tu ne frissonneras pas, non plus. La crainte ne te gagnera pas. Tu ne pourras retourner sur tes pas. Tu resteras là. Tu attendras. Silencieux, le jour peut-être se lèvera... Ou il ne se lèvera pas. Qui sait ?

2.10.17

Sans prouesse ( répétition )



Dégarnis de nos doublures, nous dansons le premier jour comme deux étoiles étrangères au monde. C'est ainsi le rêve du funambule. Toujours bien se balancer sur la courbe.  Deux forces attractives ni découragées ni apparentes mais deux accords extrêmes en rythme. Au dessus de la cheville nue, nous élevons la tension filée de nos habitudes. Encore une épaisseur élimée et nous repartons plus insolubles au dessus du monde.



20.7.17

Pièces de Francis Ponge ( la barque après l'eau )


La barque tire sur sa longe, hoche le corps d'un pied sur l'autre, inquiète et têtue comme un jeune cheval. Ce n'est pourtant qu'un assez grossier réceptacle, une cuiller de bois sans manche : mais, creusée et cintrée pour permettre une direction du pilote, elle semble avoir son idée, comme une main faisant le couci-couça. Montée, elle adopte une attitude passive, file doux, est facile à mener. Si elle se cabre, c'est pour les besoins de la cause. Lâchée seule, elle suit le courant et va, comme tout au monde, à sa perte tel un fétu. 
                                      — Francis Ponge, La barque
                                  [Pièces, Éditions Gallimard, 1961]



5.7.17

Position du sol : si elle



Si elle s'étend , elle n'entend plus le bruit sur le sol ‒ avec lui ‒ le courant est derrière les nuages. Trop courtes sensations laissées sur le flanc tendre, il faut mieux vivre. Si de ma main reprend la nuit du rêve et insuffle l'histoire que lui seul sait effiler.


2.6.17

Mother of Earth



" I gave you the key to the highway " 
The Gun Club, Mother of Earth
[Album : Miami, 1982]

23.5.17

L'animal du coeur dévisage


Comment font les objets pour rester dans la rue et ne pas sauter aux yeux, quand on passe, alors que quelqu'un les a perdus.
                  — Herta Müller, Animal du coeur


13.5.17

Porcelaine de la serre



C'est le sujet de tous les sujets, invariable et saillant, quand une attraction ouvertement satin transforme la coquille en sarment. C'est une chose claire derrière nos verres madrés. Souple griffure, souple soupir et les ébauches filées sine die.



10.5.17

Distance

Deux êtres.
Mille kilomètres.
Une seule porte-fenêtre.
 

9.5.17

Indociles




Encore une fois, je ne suis plus la même. J'écris pour le signe à vif en traversée des parterres de coquelicots et pour l'étincelle des genêts dans l'artère radiale du transport. Les yeux déjà gorgés du manque d'après la percée des larmes, je le pense. Les espaces entre nous sont sur les rails tandis que nos sentiments prennent des sillons indociles.


7.5.17

Sorry




1.5.17

Iris au porte-mine


En feuille échancrée comme la courbe
formant le coeur dans le corps
à couvert endormie jusqu'au beau jour
sifflant le train sur la voie souterraine
la tête tendre-humide à l'affût
pointe aspirée du songe
la racine interminable
à l'esquisse semblable
des yeux mordus


26.4.17

Fleur de vertu



                Et les pensées sauvages restent toujours bien-aimées
                  même quand la fleur de soufre les renverse



16.4.17

La philosophie de Gombrowicz : une vie concrète en cours

C'est la première fois que la philosophie touche à la vie.

Qu'est-ce que la volonté de vivre chez Schopenhauer ?
Lui-même dit qu'il emploie ces mots parce que rien de meilleur ne lui vient à l'esprit. À vrai dire, c'est plutôt la volonté d'être parce que pour Schopenhauer, non seulement l'homme et les animaux veulent vivre, mais aussi la pierre qui résiste, la lumière qui persiste.
(...)
Cette volonté de vivre, pour se manifester comme phénomène, doit revêtir [phrase incomplète].
Elle doit être dans l'espace et le temps, dans l'ordre numérique des choses. Elle est une seule, parce que le monde numérique ne connaît ni objet, ni rien de cela.
 
          __ Witold Gombrowicz, Cours de philosophie en six heures un quart 
                                     [ Rivages poche Petite Bibliothèque ]



La force entre deux charges est toujours tangente aux lignes





15.4.17

L'air en friche


Je ne sais pas qui de lui ou de moi a désiré le plus, désire encore, plus semer ou plus enfouir. Plusieurs incisions imparfaites sont au-dedans nos corps, ouvertes. Nous y avons greffé par approche nos doutes et nos images, notre amour, lui différemment de moi. Des épines laissées en surface, des nervures littérales provoquant la lettre, des alvéoles charnues et embrassées pour se donner le courage de l'absence. Le temps fait un bruit de feuille en suspension. 

8.4.17

Par-delà le bien et le mal. 155 ( mélange chez les aimants )


Mélange chez les aimants

Le sens du tragique augmente et diminue avec la sensualité.
                  —  Nietzsche, Par-delà le bien et le mal
                         [ Maximes et intermèdes : 155 ]


1.4.17

Le brouillard et la méandre


Un brouillard relève le bras abandonné d'une méandre. Elle, elle oublie dans la souplesse du demi-sommeil qu'une reprise sur le voile tombé désarticule leurs points de rosée. Elle s'endort souvent sur des gouttelettes décousues que seul le brouillard sait distiller. C'est presque un rituel de leurs jeux d'eau. Ils sont séparés par des principes à soupirs lourds, par le mont à fruits durs et pris dans l'insoluble. Peut-on imager une solide intensité goutte à goutte ? 


23.3.17

Émanation


Le temps est une solution. La correspondance est une poétique. Souffle l'intuition de saisir ce qui se passe dans l'insaisissable. Ce sont mes premiers mots entendus avant de te connaitre. Le temps ne se répète jamais. Le temps manque toujours. C'est le trait de commencement avec ce qui advient devant soi. Faire le commencement avec l'irréversible. Il est ce temps de tes levées fébriles quand il est l'instant du réveil. Nous dérouler souvent dans les passages à l'envers de nos paroles. Espace immense. Souffle-moi.